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Musée Opale-Sud

60, rue de l'Impératrice, 62600 Berck-sur-Mer

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Berck et son histoire, des prémices de la photographie au regards contemporains
Saturday, October 10, 2026Photo & video

Berck et son histoire, des prémices de la photographie au regards contemporains

Musée Opale-Sud

À Berck-sur-Mer, la photographie ne s’est pas simplement contentée d’enregistrer le réel : elle l’a inventé. Station balnéaire, territoire médical, paysage social, scène mondaine, décor populaire, théâtre du vent et du sable, Berck est devenu, dès la fin du xixème siècle, un véritable laboratoire du regard moderne. Berck-sur-Mer n’est pas un simple motif, elle est aussi un dispositif : un espace où se croisent différents régimes de visibilité, où la photographie participe de la naissance du tourisme, de l’invention des loisirs, de la démocratisation du voyage, et même de la médicalisation du corps. Elle est aussi maître d’œuvre de l’essor de la carte postale et de la circulation industrielle des images. Avec la photographie, Berck-sur-Mer est devenu est un « territoire-image ». Ainsi la photographie ne vient-elle pas après le paysage : elle le produit. Elle lui donne aussi une grammaire. Elle en fait une scène. Elle l’installe dès la fin du XIXème siècle dans une économie visuelle, un laboratoire du regard. Au milieu du xixème siècle, Berck, qui vit essentiellement de la pêche voit l’installation d’hôpitaux qui en font un centre majeur de la médecine climatique. La plage n’est pas encore l’espace de loisirs que nous connaissons actuellement. Elle est d’abord un espace de travail, puis de soin ou d’isolement. Les pêcheurs y halent leurs flobarts, les médecins installent les premiers dispositifs thérapeutiques, les promeneurs qui s’y aventurent alors y découvrent un horizon ouvert sur l’infini. Le littoral est une frontière sensible entre la terre et l’océan, entre le monde habité et le monde sauvage. Le village se transforme vite et devient un lieu de villégiature prisé que le train met à 3 heures de Paris. De nombreux artistes viennent y séjourner, Edouard Manet (été 1873), Eugène Boudin (entre 1870 et 1890), Ludovic-Napoléon Lepic est le premier à s’y installer. Autour de lui, se créera informellement « l’Ecole de Berck ». Et à l’instar des peintres, les photographes, vont accompagner la naissance de la ville qui se crée. La photographie alors nouvel instrument de visibilité se développe rapidement et introduit aussi une rupture majeure : la reproductibilité. Là où la peinture produit des œuvres uniques, la photographie permet une diffusion massive du paysage berckois. L’exposition « Berck-sur-Mer – Une ville écrite par la lumière » rassemble les regards de photographes historiques et contemporains qui se sont succédés sur plus de 150 ans. L’exposition est coproduite avec la Médiathèque du patrimoine et de la photographie avec la participation de Stéphanie Lacombe, Gilles Leimdoffer, L’Obscura machine ; ainsi que : • Archives Municipales de Berck • Coll. Pierre Pingoux • Godefroy • Les frères Séeberger (Jules (1872-1932), Louis (1874-1946) et Henri (1876-1956) • Jules Benoit-Lévy, (1866-1952) • Henri Dufour • Collection Chipilof • Madame Huguet • Michael Kenna • Jean Gaumy

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A vol d'oiseau
Tuesday, April 13, 2027Other

A vol d'oiseau

Musée Opale-Sud

A vol d’oiseau La photographie aérienne (et par cerf-volant) à Berck-sur-Mer et sur la Côte d’Opale. 11 avril > 19 septembre 2027 Histoire, usages et regards À Berck-sur-Mer, le vent n’est pas seulement un phénomène météorologique. Il est une matière vivante, une force qui agit et transforme, une respiration du paysage. Il sculpte les dunes au rythme des marées, accompagne les pratiques balnéaires et thérapeutiques dès le milieu du XIXᵉ siècle, et attire aujourd’hui, avec l’immensité de la plage, des milliers de cerfs-volistes venus du monde entier. Le vent est ici un acteur du territoire, un élément structurant des usages, des imaginaires et des formes de représentation. C’est dans ce contexte singulier que la photographie aérienne par cerf-volant a trouvé à Berck-sur-Mer un terrain d’expérimentation exceptionnel, devenant à la fois un outil scientifique, un moyen de documentation du paysage et une pratique artistique à forte dimension poétique. L’exposition « A vol d’oiseau » propose de retracer et d’interroger cette histoire singulière, en inscrivant la photographie par cerf-volant dans une temporalité longue, depuis les premières expérimentations de la fin du XIXᵉ siècle jusqu’aux pratiques contemporaines. À travers un corpus mêlant archives, objets techniques, photographies anciennes et productions actuelles, le projet entend montrer comment cette pratique, marginale en apparence, constitue en réalité un révélateur puissant des relations entre le territoire, la technique et le regard. Aux origines de la photographie aérienne par cerf-volant Bien avant l’aviation, bien avant l’hélicoptère et les drones, le cerf-volant fut l’un des premiers vecteurs d’élévation du regard. À la fin du XIXᵉ siècle, dans un contexte d’essor des sciences de l’observation et des techniques photographiques, plusieurs chercheurs, ingénieurs et amateurs éclairés cherchent à dépasser les limites du point de vue terrestre. L’enjeu est autant scientifique qu’esthétique : il s’agit de voir autrement, de cartographier, d’observer le relief, les villes, les littoraux, tout en explorant les possibilités offertes par la photographie. C’est dans ce contexte qu’Arthur BATUT (1846–1918), érudit et expérimentateur installé à Labruguière dans le Tarn, pose les bases de la photographie aérienne par cerf-volant. La genèse de son invention relève presque du récit fondateur : observant un papillon immobile face au vent, BATUT imagine de remplacer l’insecte par un cerf-volant porteur d’une chambre noire. Dès mai 1888, il parvient à réaliser ses premières photographies aériennes à l’aide d’un dispositif qu’il a lui-même conçu, associant cerf-volant, chambre photographique légère et système de déclenchement par combustion d’une mèche à amadou. En 1890, Arthur BATUT publie La photographie aérienne par cerf-volant, ouvrage fondateur qui formalise cette nouvelle pratique et en diffuse les principes. Berck-sur-Mer, laboratoire du regard aérien Parmi les figures qui s’emparent de l’invention de BATUT, Émile WENZ occupe une place centrale. Rémois d’origine, ami et disciple de BATUT, WENZ découvre la photographie par cerf-volant à la suite de la lecture de l’article publié par son ami le 23 mars 1889 dans la revue La Nature. Enthousiasmé, il entreprend à son tour des expérimentations, et c’est à Berck-sur-Mer que WENZ trouve un terrain d’expérimentation idéal. La plage immense, dégagée de tout obstacle, les vents réguliers venus de la Manche et l’ouverture du paysage littoral offrent des conditions exceptionnelles pour la pratique de la photographie par cerf-volant. Dès les années 1890, puis surtout entre 1890 et 1914, WENZ réalise à Berck de nombreuses prises de vue aériennes, parallèlement à celles qu’il effectue dans la région rémoise et lors de séjours à Fort-Mahon ou aux Sables-d’Olonne. Les activités de WENZ à Berck, largement relayées par la presse de l’époque, ne passent pas inaperçues. Progressivement, la plage de Berck-sur-Mer devient, avant la Première Guerre mondiale, le site le plus photographié par cerf-volant. Autour de WENZ gravite toute une génération d’expérimentateurs et d’héritiers d’Arthur BATUT qui œuvreront à Berck comme Paul BELLON ou Paul DELCOURT. Techniques, dispositifs et ingénierie du vent L’exposition accorde une place importante à la compréhension des dispositifs techniques qui ont rendu possible la photographie aérienne par cerf-volant. Dans les premiers systèmes, l’appareil photographique est solidaire du cerf-volant lui-même, selon le modèle imaginé par BATUT. Au début du XXᵉ siècle, des systèmes plus sophistiqués apparaissent, comme le « trolley photographique » commercialisé en 1910 par la société GOMES ET COMPAGNIE. L’appareil est alors installé sur un chariot qui s’élève le long de la corde du cerf-volant, à la manière d’un téléphérique, et se déclenche automatiquement à une hauteur prédéfinie. Les systèmes de suspension — pendule simple, suspension PICAVET — visent à compenser les mouvements induits par le vent et…

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